Éduquer efficacement: utiliser les méthodes positives et amicales afin d’optimiser la relation maître/chien et obtenir de meilleures performances

« Les découvertes archéologiques montrent que le chien fût la première espèce animale à être domestiquée, alors que l’homme n’était encore qu’un chasseur-cueilleur. Pourtant, les demandes d’aide croissantes des propriétaires de chiens montrent que la communication entre le chien et son propriétaire n’est pas évidente. Ils sont en étroite relation, et malgré l’histoire commune de leurs espèces, les incompréhensions sont nombreuses.

Les scientifiques qui étudient le comportement animal décrivent la relation entre deux individus comme le résultat de l’ensemble des interactions qu’il y aura entre ces individus au cours du temps. Une fois établie, une relation est relativement stable. Elle sera de nature amicale avec comme conséquence un rapprochement des individus, ou de nature hostile avec comme conséquence un éloignement des individus. Dans le cas particulier de la relation qui peut s’établir entre l’homme et le chien, ce dernier n’a pas la possibilité de s’éloigner, pour son bien-être il est alors indispensable d’établir une relation de nature amicale.

Les informations diffusées pour les propriétaires de chiens sont très diverses, parfois même contradictoires, et il existe une grande variété de conseils et méthodes. Cela concerne l’éducation du chien par l’apprentissage d’ordres précis, mis aussi l’apport de connaissances au propriétaire lui permettant d’établir, au quotidien, une communication réussie avec son animal. Cette notion de relation est le premier facteur qui devrait être enseigné aux maîtres, mais il n’est malheureusement que rarement pris en compte. 

L’intégration du chien dans la société nécessite un contrôle de l’animal, cette relation établie entre le maître et le chien sera la base d’une bonne coopération de l’animal pour permettre la mise en place des apprentissages nécessaires à ce contrôle. Cet apprentissage reposent sur les lois démontrées scientifiquement, et sont principalement basés sur le conditionnement opérant dans lequel l’animal apprend que ses réponses à des ordres ont des conséquences appelées « renforçateurs », qui varient par leur nature et leur occurrence. Cela peut être l’apparition ou la disparition d’événements agréables (stimuli appétitifs) ou désagréables (stimuli aversifs). Les recherches ont montré depuis de nombreuses années que l’utilisation de stimuli appétitifs dans un programme de renforcement partiel montre un meilleur apprentissage et que les stimuli aversifs ne sont efficaces que dans un programme de renforcement systématique. De plus, des stimuli aversifs intenses peuvent avoir comme conséquence des effets émotionnels néfastes et des réponses d’agression en retour. Les scientifiques ont aussi montré l’importance de la contiguïté enter la réponse de l’animal et le renforçateur. Mais un comportement n’arrive pas seul, il est généralement inclus dans une continuité d’activité. Pour surmonter cette problématique, ils ont mis au point l’utilisation de marqueurs de comportement très brefs permettant un apprentissage plus efficace notamment parce que l’animal intègre rapidement dans la succession de comportements qu’il a effectués celui qui lui permet d’accéder à un événement agréable ou de se soustraire à un événement désagréable. Plus récemment, l’efficacité et les effets des deux types de stimuli ont été étudiés chez le chien, et ont montré que les stimuli aversifs avaient des conséquences négatives sur le bien-être de l’animal et étaient corrélés avec une augmentation des problèmes de comportement (comme l’agressivité ou les stéréotypies) et une baisse de l’obéissance.

Dans ces programmes d’obéissance, le chien apprend que ses réponses ont des conséquences, mais il assimile aussi l’individu à l’origine de ses conséquences et l’environnement dans lequel se passe cet apprentissage. Il peut donc associer son maître à des événements agréables ou désagréables. La nature de la relation qui va s’établir entre le maître et son chien, et par conséquent la coopération du chien, seront dépendantes de la méthode d’éducation utilisée. »

 

D’après Stéphanie Deldalle: éthologue, éducateur et comportementaliste canin.